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Beyond Eden (2017) - Jeu vidéo

Beyond Eden (2017)  - Jeu vidéo

Beyond Eden (2017) - Jeu vidéo

Jeu vidéo PC Visual Novel 6 octobre 2017

Dans ce visual novel boy's love situé dans l'ère Victorienne, Alex a pour but de détruire une famille d'aristocrates. Quelles sont ses raisons ? Parviendra-t-il à ses fins ? Immiscez-vous au cœur d'une histoire dramatique, agrémentée d'amour et de secrets.

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Beyond Eden. Je le lance sans même savoir ce que ça raconte. Une vague histoire d’aristos, une vengeance, un truc dans le genre. Et apparemment ce serait un Boy’s Love. Bon, à la base, je cherchais un BL, et comme bien souvent c’est le chara design qui m’a intéressé. Du peu que j’avais vu, les personnages avaient ce quelque chose de cristallin. C’est un VN coréen, et le trait est un peu différent de ce dont j’ai l’habitude.

Alors je le lance, sans en savoir grand-chose. Et merde, quelle claque.

J’aime bien les musiques. Le piano est un instrument de prédilection, et les mélodies sont belles. Dès les premières secondes, un air emprunt de spleen se dégage du texte et des images, en plus des musiques. Je me demande ce qui a pu se passer dans ce manoir, pour que notre protagoniste dont j’arrive à peine à me souvenir le nom ait ce comportement si étrange. Je crois sentir un voile de mensonges devant chaque personnage, mais je décide d’être gentil. J’aime bien être gentil, dans les VN. Il y a des choix, mais j’ai l’impression qu’ils ne servent à rien. Comme si quoi que je fasse, il n’y ait qu’un destin, qu’une possibilité.

Alors je suis gentil, avec tout le monde.

ET LÀ SÉRIE DE TWISTS DANS TA GUEULE !

Comprenez-moi, ma plus récente expérience d’histoire un minimum complexe, c’était Danganronpa V3. On s’habitue rapidement au médiocre, j’avais abaissé mes standards comme pas possible. Mais Beyond Eden, ce sacré Beyond Eden, il te fout un twist dans la face comme si de rien n’était. Il y a juste assez d’indices, je n’étais pas du tout vexé contre l’auteur, car les indices étaient là, et c’était entièrement possible de résoudre le mystère. Il n’y a aucune tricherie, le protagoniste annonce même son intention de dévoiler la réponse, il n’y a donc aucune surprise : continuer la lecture, c’est admettre que soit on a la réponse, soit on ne l’a pas.

Ça fait quoi, 1h45 que je lis ? J’arrive pas à décrocher. L’alchimie entre les personnages est parfaite. J’ai envie que tout se déroule bien. J’ai envie que ces personnages se fassent un câlin, oublient ce qui a pu se passer auparavant, et aient un nouveau départ. J’ai l’impression de lire un roman, une véritable plongée dans le 19e siècle de l’aristocratie britannique. Les sprites sont magnifiques, il n’y a aucun temps mort, le rythme est parfait, et j’ai l’impression d’avoir lu un roman de 500 pages alors que ça ne fait même pas 2h.

Ça ne sort pas de nulle part. Le développement de l’histoire suit sa propre logique, que je comprends –ou tout du moins, j’en ai l’impression. Je vois venir un élément, mais c’est futile parce que c’est splendide.

Puis les crédits.

Attendez, quoi ?

Les crédits ?

M-Mais, euh, j’ai été gentil ?

Je voulais que tout le monde s’entende ?

Et au lieu de ça, j’ai l’impression d’avoir eu la pire fin possible.

Pourtant, j’ai l’impression qu’il n’y a pas d’autre issue possible. Les choses devaient se passer ainsi. Cette histoire est complète, j’en ai la certitude. J’ai vu le début, le milieu, la fin de l’histoire, les trois actes, j’ai l’impression d’avoir fait le tour du VN.

En 2h30, j’ai l’impression d’avoir fait un VN de 40-50h, et je me dis pendant que les crédits défilent :

« J’en veux plus. C’était si parfait. »

Puis une chose s’affiche à l’écran.

Oh merde.

« Ending 09 : The sound of knocking »

J’ai l’impression d’avoir tout vu. D’avoir assisté à une histoire sans faille, sans rien qui manque, une histoire complète au possible, parfaite en somme…

Et c’est la fin numéro 9 ? Ça signifie qu’il y a au moins 8 autres fins ?

J’arrive sur le menu, et je vois la présence d’une option « Extras ». Elle n'était pas là au premier lancement.

17 fins.

FINS.

Je suis confus, très confus, et dans un étrange état. Tout au long de l’histoire, il y avait une alchimie certaine entre les personnages masculins, mais rien que je ne pourrais qualifier d’osé. Pas de drague ostensible, pas de scène de sexe. J’en avais oublié le genre.

Et je ne comprends pas. Pour avoir 17 fins, il doit y avoir quelques variations, mais bon… 17 fins, quand même ! Il doit y avoir des répétitions, ce genre de choses…

J’avais l’impression d’avoir vu une œuvre complète, mais je n’en avais vu qu’une fraction.

J’obtiens une autre fin, plus positive mais toujours extrêmement tragique. Cette autre fin apporte principalement du nouveau dans ses dernières minutes, c’est la « bonne » fin de la route (ma première étant la mauvaise).

Je ne sais pas, je ne sais pas.

Et puis je fais quelque chose que je n’ai jamais fait auparavant, en tout cas pas de cette façon.

Je n’utilise pas mes sauvegardes. Non, je recommence depuis le début. Et j’assimile plus d’informations. L’adorable bouille de Jeremy me fait grimacer intérieurement. Alex me paraît moins comme un protagoniste vengeur, et plus comme un être craquelé, au fond d’une abysse dont j’espère le sortir, et que dire de ces autres personnages dont j’ai pu entrevoir la vraie nature...

Je fais des choix totalement différents, me disant que la route ne pourra jamais être aussi bonne que ma première.

BAM NOUVEAUX TWISTS DANS TA FACE

Merde, mais pourquoi je ne vois rien arriver ? Il y avait du foreshadowing, pourtant. Des indices. Le jeu ne m’a pas pris en traître. Il est totalement sincère avec moi.

Beyond Eden est un jeu honnête.

Tout est là. Tout. Est. Là.

Pas juste en termes d’indices pour un mystère, non, cela va bien plus loin.

TOUT EST LÀ !

Des personnages à l’alchimie indéniable. Des visuels somptueux. Une bande-son non-intrusive, mais parfaitement adaptée. Une histoire intrigante et surprenante. Des doublages au top. Des routes (et fins) qui ont toutes, je dis bien TOUTES, leur lot de surprises et d’apport au produit final.

C’est peut-être ce que je désirais depuis le départ.

Et je continue. Juste pour rire, je me dis « bon, tu fais les pires choix possibles cette fois». Je n’ai pas ri longtemps. C’était fascinant. Pourquoi m’entétai-je à poursuivre ce VN ? Il était évident que tout n’irais pas mieux. Rien n’allait dans cette famille. Avec ou sans Alex, le bol déborderait.

Et si au cœur de sa vengeance, Alex n’avait pas plutôt pour dessin de donner le salut à cette toile de relations, cette toile prête à éclater sous la pression ?

N’y avais-je pas là un espoir de remédier à leurs ennuis ?

Je riais à chaque route. Riais car tous ces personnages sont dans un pétrin monstre, et que d’un certain point de vue, tout ça n’est qu’une comédie. Une tragédie, une comédie, une tragicomédie ?

Vint la route d’Oscar. J’ai peiné à l’atteindre. Oscar, le mur de la famille, celui que je veux non pas torturer, mais au contraire voir heureux. Mais peut-il réellement être heureux si aucun autre personnage ne l’est ?

Je ne sais pas. Je ne parviens pas à prédire quoi que ce soit. La scène m’échappe totalement, je comprends les coups de théâtre mais jamais je ne les prédit, à peu de choses près.

Je fais ce que je peux pour avoir la meilleure fin, pour que tout le monde soit heureux, puis j’arrive à un choix terrible, qui me met au bord des larmes. Et poussé par un sentiment à mi-chemin entre la curiosité et le masochisme, je choisis la mauvaise option évidente. Fin terrible. Mais je sais que ça ira mieux, je reviens au choix et je prends le « bon ». Je me dis que ça y est, c’est réglé, tout va bien se terminer. Puis un choix encore pire. Et là, je le sais, je meurs d’envie de choisir la bonne option, et j’hésite pendant cinq bonnes minutes, les yeux enlarmés, parce que j’ai déjà prévu de tout voir, et que seule importe ma façon de faire.

Je crois que je me reconnais, dans ce VN. Il me parle. Bien évidemment, je suis loin de vivre les événements contés, mais cette histoire, ces conflits, ces personnages me parlent. Et si j’espère toujours le meilleur même quand je sais que c’est le bordel, c’est peut-être parce que je me projette dans cette toile.

Lorsque l’on est atypique, le réflexe de s’identifier à une œuvre ou à des personnages ne nous vient pas, car cela ne se produit jamais, ou presque. Si cela se produit, on a du mal à véritablement comprendre ce sentiment. On n’y fait pas attention.

Mais ici, j’étais happé par l’œuvre. L’ivresse de l’araignée qui tour à tour observe, manipule, et jouit de sa toile, me fascinait.

C’est pour cette raison que ce texte ne se veut pas objectif. Je vois mal comment l’on pourrait dénigrer l’art visuel et sonore de ce VN, mais la peinture finale ne sera certainement pas au goût de tous.

Beyond Eden m’inspire non seulement par la facilité qu’il a de s’approprier une époque, mais également de proposer une aquarelle si brillante, si nuancée, si inspirante. Il aura su me faire vibrer de bien de façons, je ne l'ai pas lâché, j'ai ri, pleuré.

Une route peut durer de 2h30 à 4-5h je dirais, vous en avez donc pour une vingtaine d'heures. Doublages partiels, pour les scènes majeures. Il y a des scènes 18. Je ne sais pas si on peut y faire abstraction (elles sont centrales au développement des personnages, mais pas non plus essentielles) mais l'expérience vaut, selon moi, le coup. Vu les thèmes du jeu, je tiens à préciser qu'il y a une quantité non négligeable de sexe non-consensuel dans le VN. La traduction anglaise a quelques soucis mais à part ça elle est parfaite. Et surtout n'oubliez pas de checker le bonus déblocable en ayant toutes les fins, il est vraiment drôle !

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