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Des hommes - Film (2020)

Des hommes - Film (2020)

Des hommes - Film (2020)

Film de Lucas Belvaux Drame et historique 1 h 41 min 11 novembre 2020

Ils ont été appelés en Algérie au moment des " événements " en 1960. Deux ans plus tard, Bernard, Rabut, Février et d'autres sont rentrés en France. Ils se sont tus, ils ont vécu leurs vies. Mais parfois il suffit de presque rien, d'une journée d'anniversaire en hiver, d'un cadeau qui tient dans la poche, pour que quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier.

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Chacun vit une guerre différemment de son voisin, l'a entendu raconter autrement, n'a pas les mêmes souvenirs des atrocités qui s'y sont passées... Peu de films sont les garants de la mémoire de la Guerre d'Algérie, comparés à la quantité faramineuse des œuvres traitant de la Première et Seconde Guerre Mondiale ou du Vietnam, et c'est avec une certaine envie de réparer ce tort que l'on est allé voir Des Hommes (Festival de Deauville 2020, avec les acteurs et réalisateur qui discutaient de ce thème de la mémoire honteuse et refoulée). Le drame de la guerre nous prend comme toujours (comment y rester insensible ?), nous donne à voir le désemparement des hommes face à la cruauté forcée par les ordres, mais aussi les actes de méchanceté gratuite issu du racisme envers la nationalité ennemie (les civils y sont donc associés, sans avoir rien demandé). Cependant, ce que l'on peut très vite reprocher à Des Hommes, c'est l'unilatéralité de la critique : les vilains français qui s'en prennent aux pauvres algériens. On caricature, évidemment, mais le ressenti est bien là : on ne voit qu'un pan de la réalité (il y avait du "bon et mauvais" des deux côtés de la Guerre d'Algérie) qui est certes véridique sur le plan historique (on ne le réfute pas) mais avec un discours critique très amoindri par ce parti-pris. On se surprend même à penser au tollé qu'aurait provoqué un film inversant ce discours (la pro-démago militaire française attaquée et martyrisée par les algériens). Dommage pour Gérard Depardieu (qui semble à l'aise dans son rôle d'alcoolique grande gueule), pour Jean-Pierre Darroussin (dont la narration voix-off copieuse n'aurait pas été supportée autrement que déclamée par lui, grâce à sa voix apaisante et calme) et Catherine Frot (en petite forme), car leurs séquences auraient pu former un bon drame familial à elles seules. Avec en plus les traumatismes de guerre qui dépeignent sur la vie des soldats retraités, nous avions déjà une œuvre intéressante (bien que déjà vue) qui aurait gagné les avis grâce à son casting "connu" (le trio en tête d'affiche) et les nouveaux arrivants (les jeunes acteurs talentueux qui interprètent les soldats). L'intention était vraiment louable de nous faire (re)découvrir la Guerre d'Algérie, mais avec des lunettes unifocales qui deviennent vite encombrantes.

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