AccueilFilm › Je ne sais pas si c'est tout le monde - Documentaire (2019)

Je ne sais pas si c'est tout le monde - Documentaire (2019)

Je ne sais pas si c'est tout le monde - Documentaire (2019)

Je ne sais pas si c'est tout le monde - Documentaire (2019)

Documentaire de Vincent Delerm 1 h 23 octobre 2019

Pour son premier film, Vincent Delerm prolonge son travail ultrasensible sur l’intime, la mémoire et le rapport aux autres. Qu’est-ce qui nous construit ? Que ressentent les gens autour de nous ? Nos émotions et sensations n’appartiennent-elles qu’à nous ? Chaque personnage, célèbre ou anonyme, livre à Vincent Delerm quelque chose de lui, définissant sa sensibilité et sa manière de voir l’existence.
Témoignages qui font sourire parfois, serrent le coeur souvent, conjuguent l’intime et l’universel. En filigrane, les propres émotions de l’auteur se dessinent le long d’un film musical, photographique, dont la narration est comme un fil invisible.

Informations du fichier


Seeds : 1136
Leechs : 398
telecharger

(à suivre; ce ne sont que de premières remarques car il est émouvant, dense et riche; Visible sur arte jusqu'au 07/03/20. )

J'aimerais… "On aimerait faire une jolie phrase pour commencer, avec des enluminures et beaucoup d'émotion…" (écrivait un Vincent Duluc, journaliste à l'Equipe, que le réalisateur Vincent Delerm me fait découvrir en se demandant entre autres, où et comment il écrit ses articles)

_Dernier rôle de mon Jean Rochefort. (Filmé pour son dernier jour, de nuit, dans l'étonnant quartier des antiquités et vieilleries... à Saint-Ouen, rue Biron.)

_Avais-je tort? En chansons, je trouvais Delerm et sa voix délinquante presque délétères car me faisaient parfois changer de radio. En images, il se révèle délicat, voire un délice. Il me touche mieux par ce média. Et me fera donc le revisiter et retenter à l'écoute. (Je commencerai par la lecture des textes).

"La force de mon père au flipper" (quelle belle idée visuelle! un danseur devient flipper humain dont le fronton serait rouge incandescent ; ses jambes bougeant comme des flippers).

_Sans scrupules:

"Volutes partent en fumée. Volutes font des nuées. Des nuées de scrupules" ...mais c'est pas Bashung qu'on voit ensuite mais Souchon fumant et filmé là sans scrupules fumant. Est-ce financé par l'industrie du tabac? voir le film Thank You for Smoking sur les lobbies...

Enfant, Alain Souchon se rappelle que ses parents écoutaient beaucoup de musique classique (beaux plans sur de vrais disques: "Saint Saëns Starck Violoncello...Gieseking...Beethoven...Brahms...Schumann...Scriabin The Twelve piano sonatas...Brahms Alto Rhapsody...Mahler Songs of Wayfarer Mildred Miller"

Il est filmé dans un beau noir et blanc rappelant un sosie de Bob Dylan dans I'm Not There de Todd Haynes.

Lui, n'a pas honte de dire que ses oreilles ont aussi été façonnées "par des chansons de Tino Rossi que je trouvais jolies". ...dont on entend la version de Besame mucho "Oui, je sais bien qu'un beau jour on revient, Mais j'hésite, ce jour-là est si loin... N'y croyons pas, disons-nous, toi et moi, Qu'on se voit pour la dernière fois"

Souchon passait beaucoup de temps à interroger ses multiples babysitters: "devenues ses amies et confidentes" lors des longues soirées... et on soupçonne 'muses'. (On pense à peut-être des éducatrices à la The Reader de Stephen Daldry/Bernhard Schlink qui lui auraient donné des idées de chansons des années plus tard et sa sensibilité.)

_Plans sur rues disparues: "Droguerie"...Plans sur devantures de magasins disparus et fermés. Rappelle la série méconnue de Patrice Leconte sur ses belles boutiques obscures...

_Voix émouvante d'un enfant rêvant de devenir "promeneur de chiens et joueur de foot" pour rester dans son village natale de Beaumont-le-Roger.

_ Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc Vincent Duluc ...je ne sais pas si c'était un hommage à François Truffaut et son Antoine Doisnel répétant son nom sans fin dans un miroir, mais la voix-off répète beaucoup le nom de DulucDulucDulucDuluc, trop à mon goût. Mais ravi de découvrir l'existence de ce ...Duluc?

_qui paye les gendarmes postés en permanence au portail d'entrée du Centre National du Football à Clairefontaine????

_Parfois tout nus, on voit ensuite de jeunes "Parisiennes et Parisiens" sautant dans la Seine à partir d'un pont d'Amelie Poulain. (Certains diront que c'est le "moment un peu bobos ou nouveaux hippies...peut-être employés de la FrenchTech"?)

_A ce dernier sujet, je conseille un passage du film que je n'arriverai pas à transcrire ici: c'est un vrai court-métrage et une chanson en soi où un 'immigré' raconte combien ses parents l'ont amené loin de sa 'patrie' mais le ramenaient parfois revoir sa grand-mère. Mais où les deux pays éloignés seraient l'un, la campagne en automne et l'autre, Paris la nuit.

"Mes parents s'étaient connus là-bas, ils en parlaient souvent" (occasion dans cet émouvant mini film dans le film à une litanie de noms&lieux parisiens façon Patrick Modiano.) Il parle comme un Woody Allen que ses parents forçaient à vivre à la campagne alors qu'il rêve de vivre dans l'appartement de sa mamie à Paris "Je connaîtrai le lundi, rue Marcadet" (Au passage et de façon si délicate, il raconte les (dés)amours de sa mamie, qui "accrochait ses colliers au miroir de l'entrée"; filmés captant le soleil levant, ils me deviennent Capteurs de rêves d'une huronne Parisienne).

(mes ajouts du 11/01/20) _ Vincent Delerm rejoint Richard Bohringer en trouvant que C'est beau une usine la nuit sur la voix off d'un bientôt retraité émouvant avec "ses deux semaines de vacances en été" et sa vision du discours du PDG d'un jour sur "notre" entreprise, à lui, qui est là, lui, "depuis 1974...".

Villes nouvelles et nouvelles danses: Make them laugh

"Je forçais ma petite soeur à devenir mon assistante." raconte une fille passionnée de danse et Hip-hop. Un amusant mélange de Chris et de personnages de Florence Foresti(Clotilde, ou Diam's ou sa policière dans Dikkenek, derrière son bureau). Drôle, belle, mais elle est aussi le moment où je regrette encore de ne pas avoir vu le film sur grand écran car elle est filmée seule, de haut, dansant comme sur un tapis géant de bitume. Son gris envahissant tout l'écran en devient beau: Delerm, le Soulages du gris? Sa manière de danser couchée au sol en tournant me rappelle Donald O'connor/Cosmo dans Chantons sous la pluie et son Make them laugh (lui sur un vrai tapis; la caméra se met à le filmer de haut aussi). Le long plan sur le pont de la "ville nouvelle" me fait penser à un décor des films Tron devenu béton. Des parenthèses géantes rouges encerclent son haut et ressemblent à des portails de sécurité permanents (Ne serait-on donc jamais trop prudents avec la banlieue?) Voir les portiques géants ("Analyser"?) dans les films Tron. C'est la scène où le personnage filmé par Delerm apparait au très loin, d'abord comme un petit point, comme Omar Sharif dans Lawrence d'Arabie. De loin, on peut voir venir les usagers de ce pont. Les architectes des villes nouvelles sont peut-être cinéphiles.

Bienvenue à MarDelerm ville:

"Quelqu'un a choisi à ma place, ma place, mes heures, mes nuits, mes rues…" lors d'un plan sur un architecte penché sur une maquette, j'ai aimé revoir un compas en action entre ses doigts; ça m'a rappelé ma trousse d'écolier. Et quelle bonne idée de filmer ensuite la vraie habitante de loin au milieu du quartier comme une figurine de la même maquette. Comme dans le dernier Zemeckis, Welcome to Marwen, où "un victime d'agression se lance dans la construction de la réplique d'un village mettant en scène les figurines des habitants"(SC). Les architectes des villes nouvelles sont peut-être en thérapie aussi. Ou au chevet de nos quartiers.

(ajout 13/01/20) Les inconnu(e)s du film sont presque plus poètes, philosophes, intéressants et justes que les connus/people: _par exemple, lorsque la danseuse dit:

_""Quand je repense à mon enfance, c'est comme si elle est passée en une soirée d'été. Infinie, très longue, quand ça traine et ça convient à tout le monde que ça traine.""

_Jean Rochefort raconte, lui, un souvenir de vent/râteau/veste avec une femme. _Vincent Dedienne raconte, lui aussi, un souvenir de vent/râteau/veste avec une femme. Mais dans son miroir, Vincent Dedienne raconte aussi ses premières amitiés (et voire confesse ses premiers abus de faiblesse? je ne suis pas certain); son premier sketch ("sur les Pokemon"); son premier spectacle écrit dans son "internat de sportifs" dont le sujet était aussi un vent/râteau/veste avec une femme, "Paola"("écrit Paula"). (Il dévoile (vengeur?) le premier texto d'elle des années après quand elle le voit à la télé: "si j'avais su, j'aurais couché avec toi"; on croit l'entendre dire qu'elle est une 'starfucker vénale' ^^ ). (ajouts du 18/01/2020) Et Delerm lie ce souvenir de non-succès avec une fille aux siens sur des images de son école (ou MJC?) en incluant un chanson de William Sheller mentionnée par Dedienne:

"Y'a une chanson de Sheller comme ça, 'Les orgueilleuses', je me suis toujours dit que ça parlait de ça; des filles au lycée, t'as l'impression que ça va être possible, puis en fait non..."

Des "orgueilleuses"? Vraiment? ...Il n'y a pas d'autres explications possible à ce qu'elles se refusent aux Delerm et Dedienne de l'époque?...mmm...

_Je le reverrai mais le dessinateur m'a aussi moins captivé ensuite: j'ai bien aimé des détails de ses dessins comme le cochon, la yéyé voilée et le polaroid. Mais il raconte encore aussi combien quelqu'un s'était trompé sur lui et son talent dans le passé. Comme Drew-StarWars-Struzan, il avait débuté en dessinant des pochettes d'albums mais on lui en refusait trop. Puis son dessin des allumettes du Café de Flore... et celui de la femme noire à gros seins font que cette partie est ma moins aimée (pour l'instant).

_Ensuite Delerm et Souchon

confessent préférer "les chansons les moins connues"(...) "elles sont plus à moi". Sans penser au snobisme, ils me donnent surtout le plaisir, la curiosité et l'envie de découvrir: Lettres aux dames; 18 ans que je t'ai à l'oeil.

Que sont-ils devenus?... J'ai aimé qu'il donne des nouvelles d'une actrice aimée par ses parents, star disparue du film Diabolo Menthe, filmée ici de loin sur un plage avec son beau chien. En d'autres mots délicats (que j'ai hélas oubliés), le commentaire précise "qu'elle a aimé sa belle vie bien remplie quand même". J'ai aimé l'homme et ses 40 ans d'agenda, sa mémoire journalière. Son 'Cloud' en papier. J'ai aimé l'ex-SDF accordéoniste: il y a une vie après la rue. La femme et l'homme se courant après sur un plateau télé géant mobile est une des meilleures idées visuelles du film...

Visible sur arte jusqu'au 07/03/20

Ces fichiers peuvent vous intéresser :