AccueilFilm › Non - Film (2018)

Non - Film (2018)

Non - Film (2018)

Non - Film (2018)

Film de Enaut Castagnet et Ximun Fuchs Drame 1 h 42 min 31 janvier 2018

Durant la réforme du Code du travail de 2016 en France, l’usine Radial ferme après un mouvement de grève long et harassant. Jeansé, Juliette, Bruno, Christine et Pierre se retrouvent pour “fêter” entre amis leur prime de licenciement. En rentrant chez lui, Bruno refuse violemment de se soumettre à un contrôle de gendarmerie. NON raconte l’itinéraire d’une colère lointaine, furieuse et virale. La bande de copains va partir en orbite pour garder ce qui leur reste d’humanité.

Informations du fichier


Seeds : 1132
Leechs : 396
telecharger

Pétri depuis son titre d’esprit de contradiction, Non n’est pas là pour être joli, gentil et consensuel. Le film des réalisateurs Ximon Fuchs et Eñaut Castagnet assume complètement la potentielle accusation d’apologie de la violence. En effet, il dépeint la nuit plus que mouvementée qui voit s’affronter Bruno (Ximon Fuchs), grande gueule en colère qui n’a plus rien à perdre puisqu’il vient de se faire licencier, et un duo de flics sadiques bien décidés à faire du zèle pour avancer dans leur carrière. Souvent drôle, parfois dérangeant, toujours étonnant, ce film (anti-)policier anarchiste est riche de ses nombreuses scènes coups de poing, dont la violence est le fidèle reflet de notre société inhumaine. L’extrême cynisme des dialogues est là pour réveiller le citoyen endormi que nous nous sommes majoritairement laissé devenir par indolence, ce « dernier des hommes » dont parlait Nietzsche, ne survivant pitoyablement que grâce à divers narcotiques. Pour appuyer ce verbe, la caméra de Ximon Fuchs et Eñaut Castagnet filme les visages des personnages au plus près des marques et des cicatrices que le temps leur a infligées, qui disent quelque chose de leur tentation pour le chaos, et nous forcent à un tête-à-tête interpellant. Par son extrême violence, Non maltraite peut-être ses spectateurs ; mais c’est pour la bonne cause, et toujours sauvé par l’humour. Se plaçant sous l’égide des grands réalisateurs sociaux, nos deux insurgés disent avoir voulu « être les secrétaires de la société française comme le disait Fassbinder, aimer les tribus d'acteurs de théâtre autant que Bergman, rester têtus et fiers comme Ken Loach ». On peut leur reconnaître qu’ils ont réussi ce film populaire, fraternel et rebelle qu’ils appelaient de leurs vœux. Biba eta milesker !

Ces fichiers peuvent vous intéresser :