AccueilFilm › Prevenge - Film (2016)

Prevenge - Film (2016)

Prevenge - Film (2016)

Prevenge - Film (2016)

Film de Alice Lowe Comédie dramatique 1 h 28 min 2016

Ruth est enceinte de sept mois et, comme de nombreuses futures mères pendant leur grossesse, elle croit pouvoir entendre la voix de son bébé qui s’adresse à elle. À la différence près que sa progéniture l’encourage sur la voie de la folie meurtrière. Portant encore le deuil de son mari disparu quelques mois plus tôt, Ruth accepte d’être formée aux techniques létales par son bambin très persuasif. Elle se lance alors dans une virée sanglante afin d’éliminer toute personne amenée à la côtoyer, du propriétaire d’une animalerie au DJ d’un club, en passant par une femme d’affaires solitaire. En plein carnage, le ventre arrondi de Ruth lui sert de parfait alibi : après tout, qui pourrait suspecter d’être une meurtrière sans pitié une femme enceinte au si doux visage ?

Informations du fichier


Seeds : 1016
Leechs : 356
telecharger

Prevenge a été écrit et réalisé par Alice Lowe, qui joue aussi Ruth le personnage principal du film. On suit Ruth, une femme enceinte guidée par la voix de son fœtus qui lui ordonne de tuer tous ceux qui se mettent en travers de leur chemin. C'est un film rendu très personnel par la démarche d’Alice Lowe, enceinte au moment du tournage, qui a voulu exposer sa propre expérience. Elle confie à plusieurs reprises la crainte d’avoir un être qui se développe en elle. Le sang, la douleur et en elle une sorte de clone. Elle voit la grossesse comme de la science fiction, comme une source d’horreur intérieure très intéressante à exploiter. Le cinéma d’horreur lui sert d’exutoire, elle veut y exposer ce qu’on n’entend pas tous les jours.

Alice Lowe maîtrise la caméra et joue avec pour faire passer au mieux toutes ses intentions. On se retrouve directement plongés dans une ambiance très minimaliste et organique lorsque Ruth entre dans une boutique d’animaux et insectes en tous genres. Ce côté vivant du film qui arrive très rapidement est un fil rouge tout au long du film. C’est un thème qui s’inscrit dans la volonté de la réalisatrice de recréer un sentiment de réalité. Une impression d’immersion pour oublier la fiction. La nature tout comme le développement du fœtus évoluera indépendamment d’elle, qui ne peut les maitriser. Le film est très axé sur le sentiment d’insécurité et paranoïa qui ne cessent de frapper Ruth, et le plus souvent à juste titre. Il fait appel à nos sens et les éveille surtout par l’ouïe. Tous les petits bruitages comme ceux des éléments végétaux d’un vivarium deviennent oppressants. Ces moments d’éveil sont bien dosés et les quelques musiques funky et électriques ponctuent cette atmosphère lourde.

Avec un bébé maléfique assoiffé de sang et de vengeance, on pourrait s’attendre à du bon gros gore comme dans A l’intérieur dans le thème de la grossesse, mais non. Sans forcément les attendre, les scènes de meurtre arrivent violemment et apportent en même temps un côté très cru et brute. Ici ça n’est pas tant la quantité du sang qui importe : exit les geysers de sang qui jaillissent des artères. Le film mise avant tout sur la violence du coup, et ça fait du bien. La scène se suffit à elle-même et n’a pas besoin de litres et litres de sang pour être efficace.

Au niveau de l’esthétique tout est très minimaliste et pur, pas de fioriture ou de blabla inutile. Dans l’image ou le décor le film va droit au but pour le bonheur de nos yeux. Le film se revendique avant tout atmosphérique et visuel. Il balance entre une palette de nuances très froides et très chaleureuses. On peut ainsi se concentrer pleinement sur l’action en elle même, surtout sur l’incroyable jeu d’Alice Lowe. Elle manie à la perfection les états d’âme de son personnage. Passant de la furie à la sensibilité maternelle, du besoin de vengeance et d’auto destruction, elle arrive à porter le film à elle seule.

Bien qu’on ne puisse pas entièrement parler de comédie, les touches d’humour noir et d’ironie avec des personnages décalés permettent au film de ne pas tomber dans le simple drame facile. Le décalage entre le registre dramatique et comique appuie avant tout la singularité du film. Le rythme ne s’essouffle jamais ou quand on en a l’impression, il y a toujours de l’inattendu qui redonne au film son dynamisme.

Un bon 9/10 pour un film qui vaut le détour ! Retrouvez mes autres critiques sur Septième Découverte

outbuster

Ces fichiers peuvent vous intéresser :