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Mon amie Victoria - Film (2014)

Mon amie Victoria - Film (2014)

Mon amie Victoria - Film (2014)

Film de Jean-Paul Civeyrac Drame 1 h 35 min 31 décembre 2014

De leur brève aventure, Victoria tombe enceinte de Thomas. 7 ans plus tard, elle lui annonce l'existence de Marie. Il va alors l'accueillir.

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Le recours à la voix off tout au long d’un film est rarement une bonne idée puisqu’il donne au spectateur l’impression qu’on lui raconte une histoire qu’il pourrait tout aussi bien découvrir dans un livre par lui-même. Il semble également suppléer à l’incapacité d’un réalisateur à mettre en images ce que le texte superposé explique. C’est pourquoi ce dispositif largement utilisé dans le dernier film de Jean-Paul Civeyrac m’a-t-il d’abord gêné jusqu’à ce qu’il m’apparaisse comme la mise à distance nécessaire, contribuant à plonger davantage l’héroïne dans l’étrangeté et dans l’impression de plus en plus manifeste d’une non-présence, d’une soumission aux événements qui marquent son existence qu’elle analyse néanmoins avec lucidité. Victoria, qu’on suit de l’enfance à la trentaine, au travers du récit très littéraire de sa meilleure amie Fanny, est donc un personnage plein de paradoxes, secrète et peu expansive, marqué par son hébergement une nuit de son enfance chez des bourgeois aisés (de gauche et très ouverts d’esprit) et sa rencontre avec le jeune Edouard. Un souvenir qui devient fantasme et qui finira par s’altérer au contact de la réalité et des vicissitudes du quotidien. Derrière une apparence un peu affadie par la multiplicité des clichés (la famille bienpensante de gauche, à la fois tolérante, intelligente et abjecte sans en prendre conscience), l’analyse de la situation d’une jeune Noire, défavorisée et secouée par les épreuves, au cœur d’une société occidentale pour laquelle elle devient de plus en plus transparente et invisible, s’avère plutôt juste et fine. En restant dans la médiane des sentiments (pas de cris, ni de crises ou altercations violentes dans le film), le cinéaste parvient à installer une atmosphère triste et pesante, où Victoria parait être dépossédée d’elle-même, consentante et résignée. Adapté d’un roman de Doris Lessing, transposé à Paris, le film doux et délicat est en prise directe avec la société contemporaine, tout en jouant habilement de l’ellipse et de l’ambigüité.

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