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Marlon Brando, un acteur nommé désir - Documentaire (2014)

Marlon Brando, un acteur nommé désir - Documentaire (2014)

Marlon Brando, un acteur nommé désir - Documentaire (2014)

Documentaire de Philippe Kohly 52 min 1 septembre 2014

Avec sa présence irradiante et son phrasé unique, Marlon Brando a marqué le cinéma d'une empreinte indélébile.

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Derrière l’Acteur, l’Homme. Et quel homme..

La particularité de ce documentaire est qu’il parvient à présenter tout le long et de manière chronologique, les essentiels de la filmographie de Marlon. Ce faisant en s’attachant - de manière plutôt habile - à surtout placer constamment celle-ci en parallèle de sa propre Vie, de sa propre évolution en tant qu’Être en devenir. Cet effet miroir est porté par des aller-retours constants entre une chronologie d'ordre purement '' cinéphile '' contrebalancée au moyen d'articles, d'extraits commentés, ou encore bribes d'interviews des rares proches qui l'ont côtoyé intimement ( Elia Kazan, Robert Duvall, Rita Moreno...) voire de lui-même, succintement.

On assiste alors à un écho fabuleux entre ces deux vies, qui se répondent comme on l’aura rarement vu dans la carrière d’un artiste. Et c’est précisément tout ce qui fait de Marlon le Monument qu’il a été : le meilleur acteur Américain du XXe siècle, mais aussi celui qui aura inspiré toute une génération de jeunes hommes en recherche de modèle, idole première d'icônes vivantes latentes ( d'Al Pacino à De Niro, de Elvis Presley à James Dean...) Oui c’est précisément cela, qui aura fait son unicité : d'être un acteur qui ne joue pas. Il EST son jeu, il devient son personnage.

D’une présence rare, qui dénote, qui traverse, celle-là même que tous ceux qui l’ont côtoyés de près ou de loin relèvent d'emblée, inlassablement. D’un Jeu constant de vérité, de portée et qui est en somme, à son image : Terrassant..Car sans effort. D’un regard qui aime à vous déshabiller l'âme et qui ne ment jamais, d’un verbe qui résonne et demeure, d’un physique et d’une aura à la fois imposants & attendrissants et enfin...d’un stoïcisme glacial. Presque effrayant à qui se tient en face de lui...mais qui n’est qu’apparent : car au coeur de ce bloc de roche qu’il s'est sommé d'afficher, vibre un volcan dormant. Dans la vie comme pour ses personnages il semblait en effet animé depuis toujours d’une rage inouïe, cumulée, étouffée, contenue. Tellement envahissante qu’il a probablement été obligé d’adopter cette posture faussement calme pour y faire face, la contrebalancer ou encore l’ignorer. Celle-ci ne demandait pourtant qu’à être réveillée...et le moindre prétexte suffisait à la révéler : dans ses films, il porte ainsi avec aisance le rôle de l'amant impulsif, machiste, possessif, violent, jaloux, agressif..( dans Un tramway nommé désir, Le dernier tango à Paris...) celui du rebelle rock'n'roll à la belle gueule ( dans Sur les quais...) ou encore celui de l' Indigné éternel, animé de rage et de désirs de révolte incendiaires ( La poursuite impitoyable, Viva Zappata !, ou encore Les Révoltés du Bounty... ) rôle qui lui ressemblait au mieux, celui qu'il préférait jouer le plus. Avec aisance, disais-je, puisque c’était par essence un Révolté dans l’âme : profond Humaniste, il en voulait au monde entier de n’être pas aussi Juste et Tolérant qu’il l'envisageait. Il en voulait à l’industrie du cinéma, cet univers surfait et sans fond aucun, bourré de mondanité, de démarches trop souvent intéressées et d’hypocrisies infinies. Il en voulait à son entourage et à son enfance aussi, probablement, d’en avoir fait par négligence et inadvertance, la bête qu’il était devenu, adulte. Quelque part également, il en voulait aux femmes autant qu'il les désirait, de ne savoir apaiser sa colère réprimée envers elles quand elles étaient incapables d'apprivoiser ses peurs..ou de trop chercher à l’apprivoiser, justement, jusqu'à l'en étouffer et finir ainsi par le rendre ainsi incapable d’amour assez longtemps. Mais il en voulait peut-être davantage a lui-même surtout, de façon paradoxale : à la fois de n’être à la hauteur de ses ambitions cinématographiques et relationnelles, et de se sentir imposteur dans un milieu qui l’insupporte, exerçant un métier qu’il méprise, et finir par devenir ainsi sa propre caricature, un postiche. ( Ce qui sera d'ailleurs annonciateur de son déclin à venir. )

Tous ces ingrédients feront de Marlon un Homme entrant dans une spirale effrénée et interminable de Quête de sens et de Quête Identitaire. Que ce soit par le biais de ses rôles aussi multiples que variés, de ses conquêtes à la fois masculine ( un certain Christian, à Paris ) et féminines qu'il serait vain de vouloir dénombrer, de ses idéaux humanistes et engagements politiques... : Il cherchera éternellement à se trouver...en échouant.

En somme : Ce documentaire m'a semblé être une bonne entrée en matière à qui souhaiterait découvrir / en savoir plus sur Marlon Brando, à la fois l'Homme et l'Acteur. Pour ma part, je regrette qu'il ne soit pas allé plus loin encore, en étant plus étoffé et exhaustif au lieu d'être si 'contenu' et limité. Je pense notamment aux extraits d'interventions de ses proches relations, ou des passages où il parle de lui-même, bien trop courts, ou encore et surtout de ces épisodes dramatiques de sa vie qui ont pourtant été un point charnière se répercutant inévitablement sur sa carrière et qu'il m'a semblé dommage de presque passer sous silence. Ces périodes de déclin multiples suivies de rares moments de renaissance méritaient de s'y pencher davantage, selon moi.

En ce sens, je préférerais regarder au plus vite un « Listen to me, Marlon « ( où il s'analyse en personne et parle de lui-même ) qui me semble être plus intimiste, approfondi et parlant...et que je ne peux que vous recommander chaudement. :- )

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