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Necrophile passion - Film (2013)

Necrophile passion - Film (2013)

Necrophile passion - Film (2013)

Film de Tom Heidenberg Épouvante-Horreur 52 min 18 août 2013

Un jeune homme solitaire, venant tout juste de sortir d'une relation où sa petite amie le torturait moralement, découvre un corps lors d'une promenade en forêt. Il décide alors de conserver le corps pour son usage personnel et d'une façon de se venger de sa dernière compagne.

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Un homme se baladant dans les bois trouve le cadavre d’une femme. Si son premier réflexe est de contacter la police, il abandonne vite l’idée et décide de ramener le corps chez lui, où, cédant à ses pulsions, il aura des relations sexuelles avec. Cet acte va faire remonter chez lui des visions de son passé: une mère qui ne savait que le persécuter et une ancienne compagne qui prenait plaisir à l’humilier. Consumé par ses démons, l’homme sombre peu à peu dans la folie et commence à se faire du mal.

La nécrophilie n’est pas un thème souvent abordé au cinéma. Certes, quelques films parlent de cette paraphilie, mais le plus souvent en surface, se contentant de l’utiliser comme un élément du scénario (J’aimerais pas crever un dimanche de Didier Le Pêcheur, Deadgirl de Marcel Sarmiento). Sujet tabou par excellence, il n’y a guère que dans le cinéma un peu plus underground que nous pouvons trouver une poignée d’oeuvres ayant une démarche plus frontale, plus “sérieuse”, osant repousser les limites de la morale, n’ayant pas peur de choquer. Je pourrais citer le court métrage Aftermath de Nacho Cerdà, ou bien le maître étalon du genre pour beaucoup : Nekromantik de l’allemand Jorg Buttgereit, ainsi que sa suite Nekromantik 2.

Et, peut-être aussi le film qui nous intéresse aujourd’hui ?

Première oeuvre du réalisateur Tom Heidenberg, produit par Thomas Binder (le patron de Blacklava), Necrophile Passion semblait, effectivement, plein de promesses.

Malheureusement…

Découpé en six chapitres (nécrologue – douleurs – isolation – amour – haine – conséquences), nous suivons le passage à l’acte, puis la descente aux enfers d’un homme détruit, mal dans sa peau et dans sa tête. Le réalisateur (et également scénariste du film) s’intéresse à la psychologie de son personnage. Enchaînant les allers-retours entre son passé et son présent, il nous montre ce par quoi est passé cet être, pas pour l’en excuser, mais peut-être pour expliquer le pourquoi de ses actes. Ou du moins, nous montrer qu’il est plus qu’un simple violeur de macchabées.

Alors oui, je reconnais qu’Heidenberg n’a pas cédé à la facilité, il aurait très bien pu nous faire un film purement voyeuriste, enchaînant les scènes de sexe avec des cadavres, et en ajoutant une bonne dose de gore, au risque de rendre le tout indigeste. Mais à ne pas vouloir en faire trop, il n’en fait définitivement pas assez.

Bien sûr, Necrophile Passion comporte quelques scènes un minimum graphiques, mais compte tenu du sujet on pouvait attendre (espérer) bien plus, l’ensemble manque clairement de générosité. C’est d’autant plus dommage que le peu qui nous est offert est réussi : les effets spéciaux sont plutôt bons et auraient mérité d’être mis plus en avant.

“Le ni trop, ni trop peu“ est un numéro d’équilibriste, Nekromantik était, à ce niveau, réussi, Necrophile Passion, lui, est un échec. La grosse différence entre les deux: Buttgereit a su insuffler à son film une chaleur, une âme…une ambiance tout simplement. Dans Necrophile Passion tout fait artificiel, comme vide, froid, stérile.

Et la prestation des comédiens est à l’avenant: Günther Brandl ne parvient pas à nous transmettre la moindre émotion. J’ai énormément de sympathie pour ce gars et pour sa boîte Brandl Pictures (où il oeuvre, avec des membres de sa famille, à la production et à la réalisation de films, souvent de genre, et souvent fauchés). Son jeu, ici, respire l’amateurisme alors que le bonhomme nous a déjà pourtant livré de bonnes prestations dans d’autres films. Katharina Buchberger (une habituée des productions Brandl) n’est guère plus convaincante dans le rôle de l’ex-compagne, surjouant la plupart de ses scènes.

Shooté presque intégralement dans un deux pièces cuisine d’une quelconque bourgade allemande, l’économie se fait clairement sentir à l’écran. Necrophile Passion est, en plus, peu aidé par une photo trop numérique et sans charme qui achève de nous prouver l’indigence de son budget. D’autres réalisateurs ont su composer avec un budget minimaliste sans que cela se ressente à chaque seconde de leurs métrages (au hasard…Nekromantik, oui vous allez dire que j’abuse, mais la comparaison entre ces deux oeuvres est inévitable).

Finalement, avec Necrophile Passion le ramage ne se rapporte définitivement pas au plumage. Le film échoue sur presque tous les plans : jamais transgressif, jamais choquant, pas malsain, pas extreme ni vraiment gore (malgré quelques jolis effets). N’est pas Buttgereit qui veut…

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