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Le Dernier Rempart - Film (2013)

Le Dernier Rempart - Film (2013)

Le Dernier Rempart - Film (2013)

Film de Kim Jee-woon Action, policier et thriller 1 h 47 min 18 janvier 2013

Schwarzenegger campe le Shérif Owens, un homme qui combat le crime à Sommerton Junction, une petite ville endormie de la frontière, après avoir quitté son boulot dans la police de Los Angeles où, suite à une intervention qui a mal tourné, il a vu son partenaire être durement blessé jusqu’à en devenir handicapé. Après une évasion spectaculaire d’un convoi de prisonniers surveillés par le FBI, le plus gros parrain des cartels s’échappe à 200 miles à l’heure dans une voiture spécialement faite pour la course, accompagné des membres les plus féroces de son gang. Il se dirige droit vers Summerton Junction, là où la police joue sa dernière chance de l’intercepter avant qu’il ne passe au Mexique. D’abord réticent à collaborer, puis forcé de constater les incompétences de son équipe, Owens assume sa responsabilité pour le face-à-face le plus extraordinaire de l’Histoire du cinéma.

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[Attention, critique légèrement décomplexée]

L'ami Kim passé chez l'ennemi américain, on aurait pu craindre le pire, tant la machine hollywoodienne a tendance à aseptiser et sacrifier l'audace sur l'autel de la rentabilité. Mais le coréen aura-t-il été bridé par ces énormes rouages anti-créativité ? Et bien...oui et non.

La question méritait d'être posée, tant les exemples de réalisateurs étrangers critiquement et publiquement acclamés avant d'être transformés en "yes men" par le rouleau compresseur US sont nombreux. Mais une lueur d'espoir brillait dans mes yeux. Il y a peu, un confrère coréen de Kim, au doux nom de Park Chan-Wook, avait fait la traversée, sans trop de dommages, réussissant même à conserver ce visuel superbe et cette poésie si caractéristique du bonhomme. Ce n'était pourtant pas gagné, le scénario de "Stoker" ayant été pondu par notre cher Michael Scofield, alias Wentworth Miller.

JAIL MAL DU PAYS Mais est-ce donc une clause de tout contrat conclu avec un réalisateur coréen migrant vers les States, de devoir abriter, sous quelque forme que ce soit, un rejeton de Prison Break ? Car après cette balade dans le Park, par le tatoué aux yeux vairons, pour ce Last Stand, c'est ce bon vieux Peter Stormare qui s'y colle, en semi-boss de fin, sorte d' "abruzzi sans cervelle". Du coup je m'inquiète presque de croiser Sarah "Dr Tancredi" Wayne Callies au détour d'un wagon du "Transperceneige" de Bong Joon-Ho, l'angoisse ! Après avoir réussi à nous terroriser (par son jeu, elle n'était même pas zombie) dans la série "The Walking Dead", ce serait fâcheux !

A noter, que dans les Etats-Unis d'Amérique vus par le réalisateur coréen, 2 agents du FBI ne reconnaissent pas une Corvette, voiture US emblématique rappelons-le, et qui a fait rêver des générations de jeunes hommes en quête de sensations fortes (autrement qu'avec des femmes, j'entends). Ils ont donc recours à un "spécialiste" en automobiles afin de l'identifier alors que même moi (amateur de voitures mais pas non plus un fou hardcore de mécanique) je l'ai reconnue au premier coup d'oeil. J'en suis resté chèvre, olé !

On va mettre ça sur le compte du choc des cultures, Jee-Woon n'étant peut-être pas au fait sur le sujet. Le plus drôle étant que quelques minutes après, l'un des 2 agents parle du criminel à la Corvette en disant qu' "il l'a vu piloter, et qu'il est bon" (!) Tout comme [SPOIL mais est-il vraiment nécessaire de le préciser pour ce genre de production ?] cette poursuite finale bien fichue, mais assez risible entre un pilote confirmé dans une Corvette de 1000 chevaux, et un vieux Shérif dans une Camaro à-priori d'origine.[/SPOIL]

KIM, WILD Le bon point avec ce film, c'est qu'on sait pourquoi on est venus, et pour ce qui est de l'action, on est servis. C'est très bien filmé, lisible en toutes circonstances, à croire que Jee-Woon s'est fait l'intégrale des films d'action US de ces 15 dernières années avant de faire le voyage chez l'Oncle Sam histoire de leur apprendre à tenir une caméra. L'autre point positif avec un coréen aux commandes, c'est la violence, bien réelle. Sale. Percutante. Quand quelqu'un se prend une balle, ça saigne. Et vas-y que ça se colle du headshot au gros calibre. Vas-y que je te coupe un mec en deux à la gatling, plein cadre, façon old school. Vas-y que les forces de l'ordre aussi prennent cher, et saignent, et meurent, comme tout le monde. Merci Kim de montrer ce que la plupart des réalisateurs occidentaux refusent de montrer. Oui c'est "arcade", c'est primaire, parfois immoral, j'assume.

Notre bon vieux Schwarzy, toujours aussi raide, est de retour. Il se fait plaisir, et nous fait plaisir, à mettre de gros bourre-pifs entre deux gunfights, quand ce n'est pas un bon vieux German Supplex des familles dans la face d'Eduardo (j'ai ri, ce pied, merci Arnie !). Le tout agrémenté de punchlines, plus ou moins piquantes, et surtout, d'un second degré constant, qui donne des allures décomplexées à ce délire régressif. Et puis plutôt que de faire l'autruche sur la notion de vieillesse, par le truchement de remarques et situations bien senties, l'autrichien ne triche pas sur son âge, c'est appréciable. Johnny Knoxville est en mode "jackass les couilles à tout le monde", mais reste supportable. Forest Whitaker en mode "j'ai des factures moi aussi", Rodrigo, qui même Santoro arrive tout de même à encorn...écorner un peu plus son image. Noriega en capitaine de Corvette, presque bon par moments. Il aura au moins son look pour lui, c'est déjà ça.

MARS, ET CA REMPART Reste que si l'action est globalement réussie, et que le peu d'histoire arrive presque à tenir debout, c'est sur l'esthétique que l'on perd le plus. On aura bien droit à quelques fulgurances de mise en scène (ce plan d'Arnie qui pousse un mec du haut d'un toit avant de lui claquer un headshot en plein vol ! Et certaines séquences de poursuites, plutôt spectaculaires). Mais la photo est assez quelconque, peut-être le côté "typique de tout un cinéma", du décor et de Somerton Junction font qu'on s'en prend moins dans la gueule. Ou peut être que visuellement c'est juste moins léché que ce à quoi nous a habitué Jee-Woon. Toujours est-il que pour se prendre une claque esthétique à la "2 soeurs" ou encore "A Bittersweet Life", on repassera.

Et bien dans ce cas, "I'll be back", comme dirait l'autre !

PS: et en parlant de retour: Schwarzy 1 - Sly 0

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