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Outreau, l'autre vérité - Documentaire (2013)

Outreau, l'autre vérité - Documentaire (2013)

Outreau, l'autre vérité - Documentaire (2013)

Documentaire de Serge Garde 1 h 32 min 6 mars 2013

Nous avons tous été surinformés pendant l’affaire dite d’Outreau. Elle a traumatisé les consciences et déstabilisé l’institution judiciaire. Jamais une affaire retentissante n’avait aussi peu divisé l’opinion publique. Comme si l’esprit critique avait été anesthésié. Pourquoi ?
Dix ans après, il est temps de s’interroger, de façon dépassionnée, sur ce phénomène qui nous a submergés.
Outreau, un symbole de l’erreur judiciaire ? Que treize des dix-sept accusés aient été acquittés après un ou deux procès, n’est-ce pas le fonctionnement normal de la justice ? Le véritable problème n’est-il pas celui de la détention provisoire ? Outreau, un fiasco judiciaire ? Oui, mais ce n’est pas celui qui a été dit.
C’est à ce décryptage qu’« Outreau, l’autre vérité » vous invite. Un film qui ne laisse aucune place à la fiction. Un film qui repose exclusivement sur des documents et sur de nombreux témoignages, tous inédits.

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L'affaire d'Outreau, comme tout le monde à l'époque, je l'ai suivie au journal télévisé. Et comme tout le monde je crois, j'ai subi l'horreur de plein fouet, plaint ces enfants, éprouvé un dégoût profond pour tous ces accusés, immoraux, répugnants, puis, après un incroyable retournement de situation, compati au malheur de ces pauvres gens, injustement dénigrés, emprisonnés, humiliés, et j'ai bien évidemment méprisé ce juge d'instruction qui avait bâclé son travail et de ce fait, ruiné leur vie. Qui n'a pas été ému devant le témoignage d'Alain Marecaux, cet huissier, nous racontant en larmes qu'il avait tout perdu, sa famille, son étude, sa maison et même sa mère qui était morte de chagrin pendant sa détention ?

Je suis tombée sur ce documentaire par hasard et c'est vrai, ce qu'on dit : le hasard fait parfois bien les choses. Je suis une sensible, c'est un fait. Je suis vite émue et je pleure facilement. Et jamais de ma vie, je n'oublierai les témoignages des frères Delay, aujourd'hui adultes, racontant le calvaire qu'ils ont vécu. Je n'oublierai jamais l'avocate de Myriam Badaoui, la mère des frères Delay, mise en cause, avocate de la défense donc, raconter de quelle manière ses collègues ont interrogé, bousculé, impressionné les enfants. Elle utilise d'ailleurs une merveilleuse formule pour décrire la violence psychologique endurée par les petites victimes :

"les avocats des accusés (à peu près une vingtaine), en robe noire, qui se dirigent tous vers les enfants pour les interroger, c'est pire que le Aka des All Black".

Ce documentaire, en fait une contre-enquête, est une succession d'informations nouvelles, d'interventions d'acteurs ou de témoins privilégiés de l'affaire, mettant le doigt sur les failles ou les dysfonctionnements du dossier, d’événements complètement inconnus, une accumulation de détails qui au final, mis bout à bout, nous font complètement douter que Justice a été rendue. La logistique du procès initial (les victimes assises dans le box des accusés, par manque de place et donc l'impact visuel provoqué), le procès en appel et le fait qu'on a demandé que les délibérations ne durent pas plus de 3h pour que le Ministre de la Justice puisse annoncer le verdict au Journal télévisé, le juge Burgaud, comparaissant devant une commission d'enquête et traité comme un criminel (le même juge qui, après coup, donne vraiment l'impression d'être Lee Harvey Oswald : le bouc émissaire), la récupération politique faite alors même que le verdict n'était pas encore rendu en appel et le questionnement sur l'indépendance de la justice qui en découle, et tant d'autres points confèrent à provoquer un dégoût certain chez qui s'interroge un tant soit peu.

Il y a quelque chose de pourri en République de France (Oui, j'ai vu Hamlet la semaine dernière ...) Comment est-il possible, dans un pays développé, civilisé, que la Justice traite des enfants victimes d'abus, de viols de cette manière ? Comment peut-on ruiner des témoignages qui tiennent la route, qui se croisent, qui se recoupent mais surtout, verser aux accusés innocentés (innocentés, certes, mais innocents ... je n'en mettrais pas ma main à couper non plus) une indemnité d'un montant 10 fois supérieur à celle qu'ont reçue les victimes ? Dans quel monde vit-on ?

Vous l'aurez compris, je suis écœurée. En même temps je l'étais déjà en janvier quand Ronaldo a eu son 3e ballon d'or alors ...

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