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Les Bêtes du Sud sauvage - Film (2012)

Les Bêtes du Sud sauvage - Film (2012)

Les Bêtes du Sud sauvage - Film (2012)

Film de Benh Zeitlin Drame 1 h 33 min 12 décembre 2012

Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père. Brusquement, la nature s'emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d'aurochs.
Avec la montée des eaux, l'irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

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Film aux multiples récompenses (huit pour être précis dont notamment la Caméra d’Or à Cannes, le Grand Prix de Deauville, le Grand Prix du Jury de Sundance, le Prix Sutherland du meilleur premier film au London Film Festival), Les Bêtes du sud sauvage se paye même le luxe d’avoir été conseillé par l’homme le plus puissant des États-Unis pour la deuxième fois, Barack Obama. Je ne suis pas démocrate, ni même américain mais je vais écouter son conseil…

… et j’ai bien fait. Difficile de ne pas tomber amoureux de ce film malgré ses défauts comme un rythme parfois écrasé sous la contemplation rébarbative des décors mais après réflexion, c’est vraiment le seul point négatif que je peux attacher à cette histoire magique. Malgré les dires du réalisateur Benh Zeitlin affirmant que son Les Bêtes du sud sauvage n’est pas un conte de fées, difficile de ne pas voir en ce parcours initiatique une sorte de conte sur l’enfance (et pas forcément enfantine, dans la même veine que Stand by Me). Surtout l’apparition des Aurochs, ancêtre des races actuelles de bovins et semblant être tout droit sortis d’un film d’Hayao Miyazaki rajoute encore plus de poids pour cet argument.

Toutefois, les Aurochs sont le seul élément fantastique (et ils sont très peu utilisés) mais le film comporte aussi des notions de SF car il se déroule dans un futur proche où la montée des eaux est telle que la race humaine a été obligée d’installer une énorme digue pour la contenir. Hushpuppy et son papa vivent avec quelques amis dans le Bassin, seul terre de l’autre côté de la digue survivant encore à la montée des eaux. Cette montée des eaux est due à la fonte des glaces des pôles permettant d’ajouter sur la balance le thème de l’écologie dont Miyazaki est extrêmement friand.

Pour donner vie à cette ambiance « fin du monde », Benh Zeitlin n’a pas demandé un budget énorme, ni une équipe démesurée et encore moins des effets spéciaux. Il s’est tout simplement installé dans l’État du Pélican, surnom donné à la Louisiane (aux States) pour bénéficier de décors apocalyptiques réels (pour mémoire, Katrina a fait du shopping dans le coin). Un procédé semblable à celui utilisé pour le film Monsters et faisant toujours autant de merveilles. Cela contribue beaucoup à l’ambiance presque poétique du film en voyant Dame Nature reprendre le dessus sur l’Homme. Benh Zeitlin profite aussi pour mettre sa caméra au niveau de son personnage principal et embrasser son point de vue, ce qui explique la frontière entre le réel et l’imaginaire parfois trouble.

Au demeurant, le film fonctionne si bien, c’est surtout grâce à la performance exceptionnelle de Quvenzhané Wallis. Benh Zeitlin savait que tout le film reposait sur le personnage de la jeune Hushpuppy. Ce n’est pas pour rien qu’il a auditionné 4000 petites filles avant de trouver Quvenzhané dans l’école primaire du quartier. Un drôle de hasard aussi pour le rôle important du père incarné par Dwight Henry qui travaillait dans une boulangerie à côté des bureaux de la production. Malgré son inexpérience, la jeune Quvenzhané est tout simplement la révélation de Les Bêtes du sud sauvage. Le film ne quittant jamais son personnage, il fallait donc une actrice capable de tenir la cadence tout le long et en finissant le visionnage, on ne peut que retirer notre chapeau. Ce constat s’applique aussi au père, toujours juste dans sa prestation passant avec brio du croque-mitaine au père.

Avant d’être un film fantastique voir même de SF, le premier long-métrage de Benh Zeitlin est surtout un drame reposant sur la relation conflictuelle entre la jeune Hushpuppy et son père dans un environnement difficile. Évoluant au fil du film, cette relation « Je t’aime moi non plus » offre des très beaux moments (la réplique « Not my Daddy. » déchire le cœur) et surtout un final très émouvant. Au niveau de la réalisation, Benh Zeitlin offre une maîtrise inattendue, surtout grâce à une superbe photographie (principalement sur le générique d’ouverture), et beaucoup de charme pour ce cousin éloigné de Max et les Maximonstres. Nul doute qu’on va revoir très vite ce réalisateur, en espérant qu’il confirme ce succès.

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