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Sale temps pour les pêcheurs - Film (2011)

Sale temps pour les pêcheurs - Film (2011)

Sale temps pour les pêcheurs - Film (2011)

Film de Alvaro Brechner Comédie dramatique 1 h 40 min 2 mars 2011

Deux marginaux voyagent hors des sentiers battus. Ils font le tour des villes d'Amérique du Sud où ils organisent des compétitions de catch : Orsini, le businessman qui s'autoproclame "Le Prince", et son protégé Jacob van Oppen, un ancien champion du monde et incontrôlable titan, que seule la douce mélodie de Lily Marlene apaise.

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Si c’est un sale temps pour les pêcheurs, c’est parce que l’imprésario joué par Gary Piquer, plus flamboyant que clairvoyant, débarque avec son attraction comme un gros cheveu sur la sopa pendant la semaine de la pêche, remplaçant le patrimoine local hebdomadaire par son divertissement malvenu mais qu’on tolère parce que ça change.

Pour le manager qu’il est, c’est juste un autre trou au milieu de nulle part & un peu plus de baratin à faire. Son attraction est un colosse campé par Jouko Ahola (& non pas Aloha comme j’ai plusieurs fois failli l’écrire), déjà rencontré chez Herzog dans Invincible avec le même rôle d’homme fort fort bête, “tiré des griffes du communisme”. Cette fois-ci, Aloha… Ahola n’est pas juif mais est-allemand, ce qui revient pour lui à la même condition d’apatride d’un film à l’autre.

En beaucoup de choses toutefois & malgré ce que son nom de famille proclame, Brechner est à l’opposé de l’expérience allemande d’Herzog : l’affaire qui bat de l’aile avec un champion vieillissant est sobrement dramatique, sans mysticisme, & le rapport de l’homme avec les locaux se fait avec ce grincement étouffé de rouages relationnels abondamment huilés au dollar. Ce rapport à l’argent est simple & rugueux – j’ai envie de dire “terreux”.

Brechner laissera beaucoup de liberté à ces rouages, confiant dans leur ouvrage lente mais sûre finissant par faire de tout son film ce (south-)western solide comme son champion. Mais ça ne marche pas comme ça. Ça pourrait, car les couleurs comptent beaucoup pour ce réalisateur qui aime les voir déborder de partout, & en baigner ses personnages en fonction de leur humeur (vous remarquerez le rouge pour la cupidité : il éclaire l’imprésario dans ses moments méphistophéliques & c’est la couleur de son pétant véhicule).

Il y a donc ce zeste de symbolisme qui fait normalement lever les bonnes pâtes, sauf que le film est beaucoup dans la continuité d’une mise en bouche volontairement ambiguë qui charge un capharnaüm musical & visuel de brouiller les pistes de genre. Il manque quelque chose pour combler les visages un peu fantomatiques (sauf celui de César Troncoso, acteur anecdotique mais parfait) & faire vivre des rues chichement peuplées de quidams ineptes. Il n’y a pas l’étincelle qui transformerait ce joli matériau en bijou.

→ Quantième Art

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