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Donoma - Film (2011)

Donoma - Film (2011)

Donoma - Film (2011)

Film de Djinn Carrénard 2 h 16 min 23 novembre 2011

Une enseignante s'engage dans une relation ambiguë avec le cancre de sa classe de lycée professionnel ; une jeune femme déçue en amour décide de court-circuiter tous ses critères conscients et inconscients de choix, en sortant littéralement avec le premier venu ; la dernière histoire met en scène une jeune fille agnostique qui va être amenée à se poser des questions sur la religion chrétienne. Elle va au cours de son questionnement rencontrer un jeune homme un peu marginal et très croyant. Toutes ces histoires se croisent sans s'influencer, et trouvent une symbolique dans le lever de soleil qui donne son nom au film : Donoma (Le jour est là).

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Donoma est une film français réalisé par Djinn Carrénard et sorti en 2011. Si on veut être tout à fait exhaustif et présenter le film pour ce qu'il est, Donoma est surtout un long-métrage tourné avec un budget de 150€ tout compris, même les plateaux-repas. Alors, argument racoleur ou réussite brillante ?

Quand on présente un budget, peu importe la valeur astronomique ou ridicule de ce dernier, c'est qu'on veut interpeller le spectateur. Ainsi, un film où pleuvent les effets spéciaux ne manquera guère d'aligner allègrement dans sa présentation les montants exorbitants nécessaires à sa réalisation. Pour Donoma, c'est tout l'inverse, Carrénard vient affirmer haut et fort : *« je suis pauvre, mais j'ai un truc à vous raconter ». S'il ne faudrait pas que cette donnée ne vienne biaiser la perception du long-métrage et que l'engouement ne soit possible qu'au regard de l'aspect ardu de la tâche, c'est compliqué vu que cette information budgétaire précède le pitch même du film.

Disons-le franchement, Donoma est techniquement à la ramasse. Il n'y a pas de lumières, il n'y a pas de cadreurs, il n'y a pas d'acteurs, il n'y a pas de monteur. Au global, il n'y a pas d'équipe. Il y a un type, des bénévoles, une caméra et surtout, surtout, une histoire à raconter. Celle de plusieurs destins défavorisés. D'êtres un peu en perdition et qui, pour autant, ne manque pas de conviction. Il y a cette prof' d'espagnol qui enseigne à des cancres et fini par s'enticher d'un élève. Il y a cette gamine dévouée qui cache sa chevelure pour ne pas blesser sa sœur leucémique. Il y a aussi cette photographe s'abandonnant au mutisme dans l'espoir de conquérir un amour plus sincère, moins superficiel et qui se fait rattraper par la fatalité d'un temps qui n'est pas dénué de passé.

Pendant deux heures, Carrénar, l'homme couteau-suisse, improvise et joue avec l'espace et le temps de cette banlieue aux destins étrangement connectés. Il jongle d'une vie à l'autre, aussi rapidement que cette caméra fait ces aller-retours incessants entre les protagonistes. Mieux, il rit des difficultés techniques, assume les jump-cuts dus à des prises ratées, place en figure de proue les langues qui fourchent et les mises au point qui se perdent. C'est troublant quand on jure par la technique, certes. Mais c'est surtout fichtrement logique, et jubilatoire, quand on juxtapose cette technique aux sentiments tout aussi imparfaits des protagonistes qui s'exposent.

Donoma n'est cependant pas exempt de défauts. Il y a les facilités de scénario, voire des aberrations dans l'écriture de certaines scènes. Il y a les incohérences aussi, tant sur les émotions que sur certaines situations. C'est un film de jeunes par un jeune cinéaste en somme, les erreurs sont presque touchantes. Puis on me murmure à l'oreille que « c'est du cinéma ». Tout ne se doit pas d'être vrai, ni d'être cohérent. On pardonne alors facilement, tant il y a de l'authenticité dans ces images qui se succèdent, tant il y a une vraie réflexion, qui ne vire que rarement dans le pathos, sur les parcours entremêlés des différents personnages.

Il paraît, oui, que le budget de Donoma était de 150€. Pour un long-métrage de deux heures. C'est assez fou, non ? Pourtant, jamais le film ne crie « Je n'avais que ça, pardonnez moi ». Non, à tous les cinéastes, les penseurs, les auteurs, à tous ceux qui vibrent de vouloir raconter quelque chose, il leur dit : « Allez y ».

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