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To shoot an elephant - Documentaire (2010)

To shoot an elephant - Documentaire (2010)

To shoot an elephant - Documentaire (2010)

Documentaire de Mohammed Rujailah et Alberto Arce 1 h 52 min 18 mars 2010

Gaza Strip has been under siege since June 2007, when Israel declared it an “enemy entity”. A group of international activists organized a siege-breaking movement, the Free Gaza movement. Thanks to their efforts, and despite the Israeli ban on foreign correspondents and humanitarian aid workers to cover and witness operation “Cast Lead” on the ground, a group of international volunteers: self organised members of the International Solidarity Movement were present in Gaza when the bombing started on December, 27th 2009. Together with two international correspondents from Al Jazeera International (Ayman Mohyeldin and Sherine Tadros), they were the only foreigners who managed to write, film and report for several radio stations what was happening inside the besieged Palestinian strip.

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En Décembre 2008, Israél lance sur Gaza l’opération Plomb durci, en représailles aux tirs de roquettes du Hamas. Les cibles : les infrastructures de l’organisation et les nombreux tunnels qui servent à la ravitailler en armes. Comme à son habitude, lors d’une telle opération, les médias sont invités cordialement (ou non) à se tenir éloignés des zones de combat. Alberto Arce, déjà sur place, décide de rester et de filmer l’offensive au ras du sol. Accompagné de son guide gazaoui, Mohammad Rujailah, il va suivre une association, International Solidarity Movement, des activistes du droit humain et observateurs, et surtout les membres du Croissant Rouge Palestinien, des secouristes.

Ce documentaire n’est pas politique à proprement parler, son but n’étant pas de dénoncer la campagne israélienne ou de déterminer si elle est justifiée ou non. To shoot an elephant, filmé intégralement caméra à l’épaule et sans aucun accompagnement musical, est un témoignage, subjectif, sur ce qu’est être un civil palestinien, lors d’une offensive. Ces images sont d’autant plus précieuses qu’elles sont rares et aussi confidentielles que le Snuff movie de 8 mm. C’est dire s’il faut être sacrément curieux pour avoir la chance de tomber dessus.

Si les cibles visées par Tsahal ont été atteintes (en même temps : « Nous ne frappons pas uniquement les terroristes et les lance-roquettes, mais aussi l’ensemble du gouvernement du Hamas », dixit le chef d’état-major adjoint … ça multiplie les chances de taper juste), on découvre de nos propres yeux, les désormais fameux « dommages collatéraux » : des marchés, des aires de jeux, des organisations agricoles ou pire encore, des entrepôts où sont stockées les aides humanitaires apportées par la communauté internationale, des cours d’hôpitaux, desquels on doit évacuer les bouteilles d’oxygène, pour qu’elles n’explosent pas, ou les ambulanciers, également dans la ligne de mire des agresseurs.

Ils se sont déjà habitués à l’idée de ma mort, même mes enfants

dira l’un d’entre eux.

La colère éclate, le ressentiment, la haine bien souvent. Un vieil homme hurle sa rage, contre Israél et sa population, qu’il espère voir décimée, mais aussi contre les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Comment le blâmer … Comment juger cet imam, à la fin d’une prière prononcée lors de funérailles, qui imploree Allah d’abattre sa foudre sur le pays voisin … 2h devant un documentaire et la nausée nous gagne. 3 semaines sous les feux nourris des bombes au phosphore (dont l’usage est formellement interdit par les conventions internationales, mais utilisées pourtant en toute impunité) et une seule idée domine :

Les israéliens croient qu’avec le bombardement et en nous attaquant, comme ça, ils vaincront les gens. Mais c’est le contraire : ils encouragent les gens à lutter. Les gens disent : si je suis déjà mort, pourquoi mourir en vain ? Je vais lancer une roquette au lieu de mourir chez moi. Il vaut mieux mourir en luttant contre eux.

Devant les flammes qui ravagent l’entrepôt dans lequel sont stockés les médicaments et l’aide humanitaire, Mohammad, jeune gazaoui de 24 ans, constate, écoeuré :

Je veux savoir comment la communauté internationale et les Nations Unies vont réagir après tout ça … Les gens paient pour envoyer des aliments aux gens d’ici, sur la bande de Gaza, et les isréaliens font tout sauter (…) Mais je crois que désormais, je ne vais plus accuser Israél, je vais accuser la communauté internationale, parce qu’il y a des lois, faites par elle-même, que les israéliens volent tout le temps et elle n’y fait rien.

Toutefois, et c’est important, le documentaire n’aborde pas un point essentiel : c’est qu’à côté des tirs nourris des soldats israéliens, qui font front de tous les côtés (par la mer, par les airs, à coups de F-16 et d’Apache, et au sol, avec incursion des tanks), le Hamas, en prévision de cette opération et selon le témoignage de combattants faits prisonniers, aurait piégé bon nombre de maisons avec des explosifs. De ce fait, il est compliqué, en voyant les gens errer parmi les ruines, de définir qui en est responsable. La population accepte d’abriter ces militants, bien que consciente des risques encourus mais elle n’en reste pas moins à plaindre. Prise dans un étau entre les agresseurs et les résistants, elle fait juste du mieux qu’elle peut pour survivre à une situation invivable.

Au final, tout comme le dénonce le Collateral Murder révélé par Wikileaks, qui montre les journalistes pris délibérément pour cibles, ou The Road du Fallujah qui fait l’état des lieux de la ville après l’invasion américaine, To shoot an elephant porte un regard terrible, difficile, parfois insoutenable, sur les ravages causés sur la population. Mais surtout il a la volonté affirmée de rendre leur visage, leur identité et par la même, leur dignité, à des cadavres ou à des morts en sursis comme ils se définissent, et qui ne sont d’ordinaire que des « pertes civiles » ou des « réfugiés », couchés sur du papier derrière des nombres, beaucoup trop importants.

Selon l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche –Orient (UNRWA), le bilan, à la fin de l’Opération Plomb durci, serait de 13 morts israéliens (dont 10 soldats) et plus de 1.400 palestiniens, dont 65 % de civils (entendu par eux, femmes et enfants uniquement). Les aléas de la guerre …

Nota : certaines images sont extrêmement pénibles, mais toutefois nécessaires. Pourquoi ?

One of the best ways to achieve justice is to expose injustice.

J. Assange

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